Mercredi 21 octobre 2009

USA / Death Metal / Roadrunner Records
A peine le temps de se remettre totalement du premier album et de s’essuyer le cul, voilà qu’un second album de Malevolent Creation est déjà annoncé !? Je n’en croyais pas mes oreilles et pourtant si, tout juste 7 mois après l’excellent « The Ten Commandments », c’est « Retribution » qui atterri dans les bacs. Apparemment juste le temps nécessaire pour remercier
Jeff Juszkiewicz à la guitare et Mark Simpson à la batterie, respectivement remplacés par Rob Barrett et Alex Marquez, qui viennent tout juste d’écrire à eux deux l’intense premier album de Solstice sorti peu de temps avant. James Murphy qui traîne alors un peu partout sur les sorties floridienne du moment viendra mettre un tout petit grain de sel, le temps d’un pauvre soli et puis s’en va. Juste histoire de pouvoir coller un ‘tit sticker « guest star : James Murphy » bien racoleur sur le boîtier du CD quoi…

 

Après une intro pseudo angoissante digne d’un gore de série B, la première part du gâteau nommée « Eve Of The Apocalypse » révèle un son trapu et compact, très éloigné de l’aspect étriqué de « The Ten Commandments ». Là où ce dernier manquait quelque peu de substance sonore avec des grattes en retrait et un singulier manque de basse, c’est tout le contraire ici et c’est un mur de six et quatre cordes que l’auditeur prend en façade. L’atmosphère générale en ressort alors bien plus oppressant.

 

Stylistiquement parlant, aucune surprise ne viendra déstabiliser l’auditeur en attente de gros Death floridien polyrythmique. Les moments forts de l’album coïncident fréquemment avec les parties vocales intenses d’un Brett Hoffman toujours aussi efficace qui délivre un timbre plus gras et crasseux que précédemment, incarnant des textes drapés de haine et de rancœur, dont l’énorme « Die Mother Fucker !!!! » sur « Slaughter of Innocence » et le non moins cinglant « You Worthless Piece Of Shit » sur « Iced ».

 

Sans être étiqueté  Brutal Death à proprement parler, Retribution est pourtant incontestablement une représentation brutale du Death Metal tel qu’il est alors plus fréquemment joué au début des nineties. D’une qualité assez homogène, des neuf titres c’est « Coronation Of Our Domain » qui sort quelque peu du lot par son approche plus mid tempo et son attentisme pourtant bouillonnant tant on est jamais à l’abris d’une convulsion vocale explosive. Morceau un peu longuet toutefois, l’apparition furtive de Murphy et son mini soli en fin de course ne parviendra pas à en relever la sauce : à peine l’oreille est attirée que la diva est déjà barrée faire sa guest star ailleurs.

 

Personnellement, j’ai toujours eu du mal à accrocher à cet album. Il n’est pourtant pas mauvais, loin de là, mais il me laisse véritablement sur ma faim, avec cette désagréable sensation que ce qui affleurait tout du long de ces presque quarante minutes ne soit jamais réellement parvenu à éclater. Un peu dommage, et ce n’est pas le reste de la carrière du groupe qui parviendra à me contredire.

Par orkblut - Publié dans : Chroniques CD
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Vendredi 31 juillet 2009

USA / Crossover MetalCore / Century Media
Formé en 1997 du côté de Queens, New York city, Sworn Enemy ( initialement nommé Mindset ) est un quintette qui s’est fait une bonne réputation scénique et qui a d’ailleurs tourné en 2008 aux côtés de Hatebreed, Earth Crisis, Divine Heresy et Terror. Si les débuts ont été moins hyperactifs jusqu’au premier album « As Real As It Gets » signé sur Elektra Records et purement hardcore, « Total World Domination » est sur une période de 3 ans leur troisième album, et donc le quatrième de leur discographie.

Généralement, le hardcoreux qui crêche sur NY est fier, le placarde à tout va comme un gage d’authenticité, et généralement se la raconte quand même pas mal. Sworn Enemy n’échappe pas à la règle. Tout comme un boxeur qui balance « The Eye of the Tiger » sur la sono de la salle à sa sortie de vestiaire, il va s’en dire qu’avec un titre tel que « Total World Domination », les gars ont intérêt à assurer sur le ring.

Au Hardcore traditionnel de ses débuts, Sworn Enemy incorpore à présent à ses compositions une touche de metal thrashisant. Au final, une sorte de crossover direct et simple, un metalcore radical, parfois rudimentaire, voire frustre. Des morceaux tels que « Still Hating » très énergique, « Lies » très thrash ou encore un « Ready To Fight » très « on se regroupe dans la rue en chemises à carreaux et on saute sur place en beuglant la canette à la main » ne viendront pas me contredire.

N’attendons rien de plus de la part de Sworn Enemy que ce genre de poncifs. Avant de parler de dominer le monde, nos cinq lascars gagneraient certainement à sortir leurs caniches cloutés un peu plus loin que le coin de la rue. L’autosatisfaction, c’est bien pour l’égo, mais il faut garder un minimum d’humilité, ou bien on court le risque qu’un groupe tel que Tenth Dan, des gars même pas de NY, même pas des States non, mais des gros paysans Australiens vous bottent joyeusement le cul en jouant dans la même cour ou presque, c'est-à-dire inspiration, efficacité et spontanéité en plus.

Certes, « Total World Domination » peut avoir son charme dés le moment que l’auditeur a le même âge que la carrière du groupe (douze ans donc), ou alors qu’on n’attend rien d’autre qu’une BO pour un documentaire sur les prisons Texanes et Californiennes, ou encore, avant d’y être sois-même incarceré, de se la péter, l’autoradio à fond avec 3 frères dans une caisse cradingue, le calibre au ceinturon tout en affichant un rictus méprisant au moment de passer sur le territoire du gang latino du coin qui énervent avec leur rap mexicain.

C’est cliché ? Oui ! C’est Sworn Enemy !

Par orkblut - Publié dans : Chroniques CD
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Vendredi 31 juillet 2009

Russie / Metal Moderne Mainstream pour Jeune / Massacre Records
Icon In Me est un quintet originaire de Moscou formé en 2007. Sans aucune démo à leur actif, voilà déjà le groupe signé sur un label allemand bien connu, alors que d’autres formations plus talentueuses vont ramer dans la semoule des années à coup de démo, d’Ep, et même d’album autoproduits avant de pouvoir espérer signer sur un sombre label au bras aussi long que celui d'un manchot qui se ronge les ongles.

A y regarder de plus près, le groupe n’est pourtant pas composé de débutants. Des groupes comme C-187, B-Thong, Mnemic, Reign the Absolute, Koldborn, Panzerchrist, Scavenger, The Cleansing, Disavowed sont sur les CV des membres de Icon In Me. Alors sans aller jusqu’au all star band, parce que de star, ici, il n’y a pas l’ombre de la queue d’une seule, il y a de quoi se poser des questions sur la réunion si subite de musicos aussi expérimentés. Pourquoi me direz-vous ? Où est le mal à ce qu’une bande de gars ayant roulé leur bosse se réunisse sur un projet pour balancer via un label efficace les fruits de leur union finalement ? A cela, je répondrai : le style !

Que nous est-il proposé sur ce « Human Museum » ? Si l’étiquette « Modern Metal » évoque quelque chose en vous de vague et de pas clairement défini, voilà, vous avez tout saisi de la composition des 46 minutes soporifiques et sans âme de cette galette. Icon In Me est une vaste fumisterie comme il en existe des centaines. Sur les bases d’une production é-n-o-r-m-e, d’un soliste habile et d’un gueulard de première à la Bullet For My Valentine, c’est bon, Icon In Me peut balancer sa bouillie sans aucune personnalité, du moment que ça envoie du lourd, que ça pète, que ça souffle de la poudre aux yeux d’une jeunesse en pâmoison devant les zolis tatouages, découvrant avec stupeur que finalement, le dernier Slipknot n’est pas le truc le plus violent de la planète. Un scoop.

Plus sérieusement, musicalement « Human Museum » est un joyeux mélange déjà largement surexploité de métal moderne. Précisément, se retrouvent mixés le groove de Fear Factory, le simili (et à la base déjà éronné) melodeath d’un In Flames dénaturé au fil des années, et évidemment, oui évidemment car tout groupe de métal moderne essaye de le pomper allègrement, le metalcore de Killswitch Engage. Tout cela est rythmé d'une répétitivité embarrassante, et l'impression du "déjà entendu mille fois" vous submergera à chaque nouveau morceau, à chaque nouveau plan, à chaque nouveau solo, à chaque nouveau phrasé pseudo chanté, qui n'ont finalement absolument rien de nouveau.

Donc pour schématiser : gros son, voix hurlées parfois claires et/ou superposées, soli d’école mais habiles, riffs et compositions faibles, savoir-faire des musicos. Inspiration et personnalité : proche du zéro. Tout simplement inutile.

Par orkblut - Publié dans : Chroniques CD
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Vendredi 31 juillet 2009

USA / Post Black Metal / Profound Lore
Originaire du Colorado aux Etats-Unis, Cobalt est un groupe de Black Metal atypique. Formé en 2000 sous le nom de Grimness Enshroud, le projet fut à la base celui d’un seul homme, Phil McSorley. Rapidement rejoint par Erik Wunder à la batterie, le projet solo devient alors groupe et adopte le nom définitif de Cobalt. Pères de deux premiers albums « War Metal » et « Eater Of Birds », le style assez indéfinissable qu’y développent les deux hommes est difficilement étiqueté. Mais les essais fleurissent, jusqu’au farfelu et imaginatif « progressive tribal war metal ». Nous nous contenterons malgré l’immense kaléidoscope d’influences qui constituent « Gin » de parler en toute simplicité de « Post Black Metal ».

Hybride, cet album l’est assurément, et c’est sans doute le meilleur terme pour le définir. Mais là où beaucoup se sont cassés les dents et la mâchoire inférieure sur de précédentes tentatives, Cobalt réussit l’osmose absolue. Sans aucun doute bercés au Neurosis, c’est aussi Tool qu’il faut sans possible erreur citer en influence majeure. Mais ne réduisons pas l’œuvre à ces deux seules références. « Gin » est un formidable melting pot où se côtoient Rock, Thrash, Death, Black, Heavy, Punk, le tout dans diverses variantes intrinsèques et dans un équilibre déconcertant, jusqu’alors insoupçonnable. Difficile d'accès, il faudra de nombreuses écoutes avant que l'album ne délivre toutes ses subtilités.

Ainsi, le chant écorché, entre postcore et black metal, va-t-il divaguer entre des blasts saccadés de rythmiques tribales sur ce premier morceau enlevé à la violence jubilatoire qu’est « Gin ». « Arsonry », après une première partie sauvage subitement éteinte, se muera ensuite lentement en montée en puissance sous le spectre dominateur de « Through Silver In Blood » d’un Neurosis caché dans chaque recoin sombre. Aux longues interludes hypnotiques six cordistes comme « Throat », succèdent un « Pregnant Insect » mi-punk mi-tribal amérindien, un instrumental « A Clean, Well Lit Place » Mastodon-iesque légèrement samplé… Un peu partout les rythmiques tribales s’allient à de prodigieuses montées d’adrénaline frénétiques. L’étouffante décadence s’oxygène alternativement au cœur de compositions fiévreuses et perturbées, à la tension palpable, fumante, souvent contenue mais toujours au bord de la rupture.

Voilà un groupe méconnu qui mériterait plus d’attention. « Gin » est une réussite où bouillonnent fureur, malaise, vertige, mais aussi passion et enivrement. La scène black américaine, avec des groupes de la trempe de Cobalt et autre Nachtmystium pour ne citer qu’eux, est devenue un vivier innovateur qui est un grand bol d’air frais pour le style. A découvrir.

Par orkblut - Publié dans : Chroniques CD
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Vendredi 31 juillet 2009

Australie / Blackened Thrash'Death / Season Of Mist
Il était mince, il était (pas très) beau, il sentait bon la bière chaude. Originaire de Melbourne, c’est en 1994 que Keith aka K.K. Warslut, alors guitariste au sein de Bestial Warlust, se lance dans un projet parallèle répondant au doux nom poétique de Deströyer 666. Avouant n’avoir alors jamais eu l’intention de fonder un groupe sérieux et à plein temps, KK s’entoura de quelques joyeux drilles pour jouer un son plus thrashisant que Bestial Warlust aux penchants plutôt black metal. Pourtant dés 1995, de Bestial Warlust il n’est plus question, et D666 gagne ses lettres de noblesses pour devenir un groupe à part entière. A l’origine basés en Australie, les membres du groupe sont actuellement éparpillés en Europe. K.K. cueille à présent des tulipes dans le sud des Pays Bas, Shrapnel et Matt descendent des Guiness à Londres, et Mersus se choucroute la touffe en Allemagne.

Malgré quinze années d’existence, « Defiance » n’est que le quatrième album à l’actif du groupe. Sept longues années à attendre le successeur de « Cold Steel... for an Iron Age » c’est long, mais l’attente est largement récompensée dès les premières écoutes de ce nouvel assaut. Toujours aussi friand de sonorités guerrières, c’est une fois de plus une belle pièce de Thrash/Death velu et épique rappelant parfois les bon vieux Bolt Thrower que D666 sort de son artillerie. Les duels de guitares sont une fois de plus de la partie, KK et Shrapnel se renvoyant la balle lors de multiples joutes épileptiques. Les morceaux mid tempo aux refrains qui font mouche et qui vont faire hurler les fosses sur scène comme « Blood For Blood », succèdent à de purs moments de sauvagerie pied au plancher tels que « The Barricades Are Breaking ». « A Sermon To The Dead » fermera l’album sur une note monotone et nostalgique comme le laisse entendre son titre, mais plutôt monocorde toutefois, un seul riff répété pendant cinq minutes, quelques voix claires en fond et l’affaire est dans le sac.

Un bien bon album dans l’ensemble, même si, à l’image de la couverture qui répond respectueusement aux codes bien établis par le groupe depuis ses débuts (à savoir leur éternel emblème du loup, cette fois surplombant un champ de bataille, très original pour un groupe penchant du côté War Metal… ), D666 ne se transcende pas.

Mais ce serait faire la fine bouche que de ne pas se laisser aller aux charmes virils mais corrects de ce « Defiance » à l’énergie communicative. Voilà qui accompagnera à merveille vos tardives ballades estivales en paréo de cuir clouté, traînant nonchalamment votre carcasse osseuse sur la plage entre un « Love Is » et un « Who Gives A Fuck » du dernier hit album de Demis Roussos, tout en rêvant à une rentrée de guerre civile et à une crucifixion de masse de hippies multicolores poilus et ventripotents.

Par orkblut - Publié dans : Chroniques CD
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